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Remplacer des canalisations en plomb : savoir si vous êtes concerné et comment s’y prendre
Remplacer des canalisations en plomb est le seul moyen durable de supprimer ce risque dans un logement ancien. Encore faut-il savoir si vos tuyaux en contiennent. Nous expliquons comment les reconnaître, ce que dit la réglementation, qui paie en copropriété et dans quel ordre agir.

Canalisations en plomb : votre logement est-il concerné ?
Eau du Grand Lyon indique que l’eau qui sort de l’usine ne contient pas de plomb et que le réseau public n’en comporte pas. Le risque se situe donc dans les tuyaux qui relient le compteur à vos robinets, à l’intérieur des immeubles et des maisons.
La date de construction est le premier indice. Sur ce point, les sources publiques ne disent pas exactement la même chose, et nous préférons le signaler. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes rappelle que le plomb est interdit dans les canalisations depuis 1995 et que les logements plus anciens peuvent en contenir. Santé.fr estime de son côté que des canalisations intérieures en plomb sont peu probables dans un bâtiment construit après 1955.
| Période de construction | Probabilité de plomb | Notre conseil |
|---|---|---|
| Avant 1950 | Élevée, notamment sur les colonnes montantes | Vérification systématique |
| De 1950 à 1995 | Possible, surtout sur des tronçons anciens conservés | Contrôle visuel des parties accessibles |
| Après 1995 | Très faible, le plomb étant interdit | Contrôle seulement en cas de doute |
Reconnaître un tuyau en plomb
Regardez là où les tuyaux sont visibles : près du compteur, sous l’évier, en cave. L’ARS décrit trois indices :
- une couleur gris terne, sans l’aspect orangé du cuivre ;
- une surface lisse et des raccords soudés en forme de bulbe plutôt que vissés ;
- un métal tendre, qui devient brillant quand on le gratte avec un objet métallique.
Le diagnostic plomb ne couvre pas l’eau
Beaucoup de propriétaires pensent que le constat de risque d’exposition au plomb, le CREP, a déjà répondu à la question. Ce n’est pas le cas : ce document porte sur les peintures, pas sur les canalisations. Pour les tuyaux, Santé.fr recommande de faire appel à un plombier ou à un bureau de contrôle, selon la méthode de la norme NF P41-021.
Ce que dit la réglementation
Depuis le 25 décembre 2013, la limite de qualité pour le plomb dans l’eau du robinet est de 10 microgrammes par litre, contre 25 auparavant. Selon l’ARS, des travaux de remplacement peuvent être exigés si cette limite est dépassée.
La directive européenne 2020/2184 va plus loin. D’après une réponse publiée au Sénat, elle maintient la limite de 10 µg/L pendant une période de quinze ans après son entrée en vigueur, puis impose 5 µg/L. Elle encourage aussi le remplacement des éléments en plomb quand c’est techniquement et économiquement faisable. Les modalités françaises dépendent de la transposition : nous vous conseillons de vérifier leur état au moment de votre projet.
Eau du Grand Lyon est claire sur la répartition des rôles : le remplacement des canalisations en plomb dans les immeubles revient au propriétaire.
Faire analyser son eau : utile, mais limité
Une analyse ne donne qu’une photographie. Santé.fr précise que la teneur en plomb peut varier d’un jour à l’autre, voire d’une heure à l’autre. Identifier les tuyaux reste donc plus fiable que multiplier les prélèvements.
Si vous faites analyser l’eau, choisissez un laboratoire agréé par le ministère de la santé ou accrédité Cofrac, avec deux prélèvements : l’un après une stagnation, l’autre après écoulement. Santé.fr indique un coût d’environ 30 euros par échantillon, hors frais de prélèvement : c’est un ordre de grandeur, pas un tarif garanti. Si vous envisagez un adoucisseur contre le calcaire, lisez notre article sur l’eau calcaire à Lyon.
Faire vérifier mes canalisations
Remplacer des canalisations en plomb : le déroulé
Pour remplacer des canalisations en plomb, il faut suivre le parcours de l’eau, du compteur jusqu’au dernier robinet. Un remplacement partiel laisse du plomb en amont et ne règle rien.
| Étape | Ce que nous faisons |
|---|---|
| Repérage | Suivi du réseau depuis le compteur, ouverture des trappes et des gaines, relevé de chaque tronçon suspect |
| Choix du tracé | Nouveau passage en apparent ou en gaine quand c’est possible, plutôt que de casser les murs |
| Choix du matériau | Cuivre ou multicouche selon la configuration, avec des matériaux autorisés au contact de l’eau potable |
| Raccordement et mise en eau | Remplacement des raccords, essai de pression, rinçage du réseau |
| Remise en état | Rebouchage et finitions, prévus dès le devis |
Ces travaux tombent bien en même temps qu’une rénovation de cuisine ou de salle de bain en appartement : les cloisons sont ouvertes et le surcoût de la reprise du réseau est limité. Aucune source publique ne donne de prix fiable au mètre : seule une visite permet de chiffrer juste. Vous pouvez voir des exemples de chantiers sur notre page réalisations.

En copropriété : qui décide et qui paie
Dans un immeuble, le réseau se divise en deux. La colonne montante dessert tous les logements : c’est en général une partie commune, dont le remplacement passe par une décision d’assemblée générale. Les branchements situés après le robinet d’arrêt de votre logement relèvent en principe de vous. La répartition exacte dépend du règlement de copropriété : vérifiez-le avant d’engager des travaux.
L’ARS conseille de demander au syndic quel type de colonne alimente les logements dans les immeubles d’avant 1950. Une colonne ancienne peut aussi expliquer d’autres symptômes, comme une pression d’eau faible en appartement. Côté financement, Santé.fr mentionne que l’Anah et certaines collectivités peuvent aider aux travaux de suppression du plomb : notre page aides et financement vous aide à faire le point.
En attendant les travaux : les bons réflexes
Tant que le plomb est en place, quelques gestes recommandés par l’ARS et Santé.fr réduisent l’exposition :
- laisser couler l’eau une à deux minutes après une stagnation, par exemple le matin, et l’utiliser pour la vaisselle ou l’arrosage ;
- n’utiliser que l’eau froide pour boire et cuisiner, car l’eau chaude dissout davantage le plomb ;
- préférer l’eau en bouteille pour les femmes enceintes et les nourrissons ;
- ne pas compter sur un filtre : Santé.fr précise qu’aucun filtre vendu contre le plomb ne bénéficie d’une approbation du ministère.
En cas de doute sur une exposition, notamment pour un enfant de moins de six ans, parlez-en à votre médecin. Nos équipes de plomberie relèvent systématiquement la nature des canalisations rencontrées lors de leurs interventions.
Questions fréquentes
Comment savoir si j’ai des canalisations en plomb ?
Regardez les tuyaux visibles près du compteur et sous l’évier. Un métal gris terne, lisse, avec des soudures en bulbe et qui brille quand on le gratte est probablement du plomb. Pour un avis fiable, faites intervenir un plombier ou un bureau de contrôle.
Le remplacement des canalisations en plomb est-il obligatoire ?
Il n’existe pas d’obligation générale pour tous les logements. Des travaux peuvent être exigés si l’eau dépasse la limite de 10 µg/L, et la directive européenne 2020/2184 prévoit d’abaisser cette limite à 5 µg/L à terme.
Qui paie le remplacement en copropriété ?
La colonne montante est en général une partie commune, financée par la copropriété après un vote en assemblée générale. Les tuyaux situés après le robinet d’arrêt du logement sont en principe à la charge du propriétaire du lot, selon le règlement de copropriété.
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Sources
- ARS Auvergne-Rhône-Alpes, exposition au plomb et saturnisme
- Santé.fr, eau et plomb
- Eau du Grand Lyon, guide L’eau en questions
- Sénat, question écrite sur la directive (UE) 2020/2184
Les règles et montants cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer.


